Lettre à celle que j’étais lorsque j’avais 20 ans

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Ma chère petite Gaëlle,

Je ferme les yeux et je te revois… Tu as ce visage de poupée, ces joues rondes qui ne trahissent pas ton âge, ce corps frêle qui pèse à peine 35 kilos, et dans le cœur, cette force silencieuse que tu ignores encore. Tu veux tellement avancer, tellement prouver que tu as ta place. Et pourtant, tu ne sais pas encore que ta place, tu l’as déjà.

Tu as pris de l’avance sur beaucoup. Ton bac à 15 ans, tes valises pour Lille, ce grand saut loin du Cameroun. Tu es encore mineure, mais tu veux déjà tout vivre. Tu veux t’insérer, comprendre ce nouveau monde, te fondre dans les murs de cette ville inconnue.

Tu as déjà beaucoup vu, beaucoup vécu pour ton âge. À 13 ans, tu avais déjà franchi les portes d’une boîte de nuit, en seconde, sans même prévenir maman. Tu as goûté à la liberté comme on croque un fruit interdit, avec ce mélange d’excitation et de peur. Et entre tes 13 et 15 ans… je sais, tu as testé, exploré, transgressé. Pas seulement le bon. Mais tu étais en quête.

En arrivant à Lille, tu découvres d’autres cultures, d’autres mentalités. Et très vite, tu remarques que pour créer des liens, pour faire partie du groupe, il y a ces petites pauses cigarette. Alors tu t’y mets. Pas par goût. Par besoin d’exister dans les yeux des autres. Tu veux être “comme tout le monde”. Et petit à petit, tu t’alignes à leur vie : les soirées, les verres qui s’enchaînent, les rires à gorge déployée dans les rues la nuit, les amitiés superficielles. Tu deviens la fille “cool”, mais à l’intérieur, tu t’éloignes de toi.

Tu ignores que ce que tu caches, c’est justement ce qui fait ta force. Cette intelligence, cette détermination, cette authenticité que Dieu a placées en toi… tu les enterres. Parce que l’ennemi te fait croire qu’elles ne valent rien si elles ne ressemblent pas à ce que le monde applaudit. Et alors, tu donnes tout pour ressembler aux autres, jusqu’à te perdre complètement.

À 19-20 ans, tu as ton master, mais tu n’as pas de boussole intérieure. Et c’est ça, le vrai drame. Parce que la plus grande crise de la vie de jeune adulte, c’est la méconnaissance de soi. Et la vérité, c’est qu’on ne peut pas se connaître sans aller vers Celui qui nous a créés. Toi, tu as cherché ta valeur dans le regard de ceux qui ne te connaissaient pas… et qui, parfois, ne se connaissaient pas eux-mêmes.

Je sais que tu as développé un caractère fort, dur même. Tu parlais mal, tu regardais de haut, tu pensais que c’était du charisme. En réalité, c’étaient tes blessures qui parlaient. Tu blessais pour ne pas être blessée. Tu érigeais des murs là où Dieu voulait bâtir des ponts.

Et je sais aussi que, comme beaucoup entre 20 et 30 ans, tu as cherché dans les mauvais refuges : l’alcool, pour oublier ; la cigarette, pour t’intégrer ; les soirées, pour te sentir vivante ; les relations toxiques, pour combler un vide ; la course au mariage ou aux enfants, pour te rassurer sur ta valeur.

Ces refuges sont des pièges, ma petite Gaëlle. Ils te promettent un soulagement, mais ils volent ton identité.

Aujourd’hui, je veux te dire : arrête de courir. Arrête de regarder cette horloge qui te dit qu’il faut cocher toutes les cases avant 30 ans. Le mariage, ce n’est pas une médaille, et mal vécu, il peut briser plus qu’il ne construit. Les enfants, ce n’est pas juste un rêve à réaliser : c’est une responsabilité sacrée. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas reçu.

Prends le temps de te trouver, mais au bon endroit. Cherche-toi en Christ. C’est Lui qui a les clés des mystères de ton identité. Il le disait déjà à Jérémie : “Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais.” Avant même que tu respires, Il avait un plan pour toi. Et ce plan est bon.

Ne mets pas ta vie dans les mains de ceux qui se cherchent encore. Un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Tu n’es pas appelée à te fondre dans la masse, mais à être lumière. Et tu ne peux conduire les autres qu’en les amenant à Jésus, pas à toi.

Tu sais à 30 ans en 2024, j’ai ressenti comme une alarme intérieure : C’est l’heure de vivre ta vie. Mais tu n’as pas besoin d’attendre cet âge. Commence dès maintenant à construire sur le bon fondement. Ne fabrique pas un “Ismaël” par impatience. Attends ton “Isaac” avec confiance.

Si tu savais… si à 20 ans j’avais connu Jésus de tout mon cœur, pas juste du bout des lèvres, si je Lui avais laissé me dire qui je suis étais, j’aurai évité tant de blessures, tant de faux pas. Mais je ne regrette pas. Parce que tout cela m’a conduite à cette vérité : en Christ, on trouve tout. Et cette vérité, je la crie pour toutes celles qui, aujourd’hui, ont entre 20 et 30 ans :

Ne perdez pas ce temps précieux à courir après l’approbation des autres. Approchez-vous de votre Créateur. Laissez-Le vous révéler qui vous êtes vraiment. Et vous verrez… tout le reste suivra.

Avec amour,

Pst. Gaëlle Stella Oyono ❤️

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